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vendredi 4 février 2011

le blog sans images partie 6

LA WALKYRIE

  Hier, chez Manu, une anecdote et bien plus que ça. Moque-toi, Régis, c'est là aussi que ça se passe, pas trop chic, d'accord mais on n'a pas le "Lion's" ici, ça vaut le Gambrinus et il y a la wifi...
Une mystérieuse jeune femme, immense, sculpturale, toujours en short, un peu pompette comme souvent, juchée sur un tabouret au bar, regarde le match à la télé, s'exclamant bruyamment, et soudain, jette un coup d’œil sur mon écran. Triple zut, ça tombe juste sur "l'origine du monde" bricolée par moi. -Ouahhh! Ca c'est beau, ô que c'est beau bordel !" Elle crie presque. Du coup, un mec arrive, je suis un peu emmerdée, et bref, finalement elle aime tellement les images du blog : "non, je veux pas lire, juste regarder" qu'elle me demande de le faire défiler.
OK, je m'interromps, télécharge mon post inachevé et le lui fais passer. Elle est enchantée par certains de mes tableaux et forcément sincère car elle ne sait pas sur le blog ce qui est de moi et ce qui ne l'est pas... et expansive. "Ça alors mais vous peignez super !"... "Oh merde, celui-là... arrêtez-vous".. "Et vous en vendez?"... "Combien, c'est cher?" J'ai donc pour ce soir une attachée de presse remarquable car avec elle nul n'en ignore et sa plastique aidant, elle est très écoutée. Elle expose en effet volontiers son allure époustouflante, sans provoc, simplement. "Regarde dit-elle aimablement à Louis qui lui fait remarquer qu'elle a un corps de déesse, ça c'est du premier choix et j'ai eu quatre enfants en plus, tiens, vois ça, pas une vergeture, pas un bourrelet..." Et de soulever légèrement son tshirt, dévoilant un ventre d'adolescente. "Je suis élastique!" Donc elle est très écoutée par les messieurs qui regardent d'abord et entendent ensuite. Une personnalité. Une cogneuse aussi, un jour elle a remis en place d'une manière magistrale un petit sournois qui l'avait touchée par derrière en allant payer ses consommations. Un bond et on aurait cru qu'elle allait le ratatiner. Elle le dépassait d'une tête et c'est visiblement une sportive, il n'a dû son salut qu'à une fuite assez honteuse, sous ses quolibets vigoureux. "Dis donc le gras du bide, c'est pas parce que tu m'as payé un café que tu as le droit de me toucher le cul" etc... etc...

Seulement il y a un hic, elle regarde mon écharpe et me demande pourquoi je la porte puisque "tout est fini à présent, je fais plus de grève de la faim..." Je me retourne moi aussi d'un bond. "Mais je dis bien sur l'affiche que je ne la fais plus, apparemment elle n'a pas lu! Et tout n'est pas fini  du tout"... "J'ai pas lu, j'ai cru, c'est ce qui était écrit.." ... "mais ce n'est plus la même affiche !"... "Oui mais c'est un truc perso et ça... regarde per..." Là je coupe. Violemment : "Ah oui, un truc perso, le chemin ? La saisie d'un compte alors que..." et je déroule l'affaire en vrac puisqu'elle ne daigne pas lire une affiche de quatre phrases derrière elle. Et de rage, je ferme sec l'ordi. Là, elle est déçue, comiquement. "Non, s'il vous plaît, allez, laissez-moi voir, c'est trop beau... je savais pas, j'ai pas lu, je croyais que...".. "Et bien, justement, si je porte cette écharpe, c'est pour dire que ce n'est pas fini.." Elle se rencogne, un peu triste derrière son Martini, maugréant sans agressivité, "et c'était juste avant la femme nue que je voulais voir".. Je me sens moche tout d'un coup, en une seconde, je me calme et réouvre la bécane, "Allez,  c'est bon, la voilà.." Comme une gosse, elle se retourne d'un bond les yeux brillants. Et elle continue à s'exclamer, ça y est, c'est l'"origine du monde" bricolée.. L'écriture, ça ne la branche pas mais la peinture, si, et elle saisit parfaitement les images, directement, sans le logos. Par l'émotion. "Là vous aviez pas le moral" me dit-elle devant "solitude". Finalement, j'aurais dû être peintre, ça va tellement plus vite et on n'emmerde pas les gens, au contraire.

J'aimerais faire son portrait. Elle me dit que beaucoup le lui ont demandé. Peut-être le ferais-je, je la "tiens" au bout de mon pinceau. Un être remarquable, mélange de femme-enfant et de walkyrie qui a élevé seule ses enfants et a trouvé le temps de s'amuser sans s'en cacher avec qui lui plaît, et la sagacité -et la force- de blackbouler, et comment ! qui lui déplaît. Il y a des femmes comme ça. Elle vient de Marseille. Elle me met le moral, finalement. Dommage qu'elle ait "cru" que "tout était fini", triple zut. Chance qu'elle ait été esthète, ce que l'on voit du reste à sa manière de s'habiller -ou de se déshabiller!- de se "mettre en scène", innocence et pugnacité à la fois, sans quoi, même à ses côtés, je n'aurais pas su ni pu démentir puisque je l'eusse ignoré.
Comme beaucoup, elle a cru que sur la photo d'Anna Politkovskaïa, il s'agissait de moi. Étrange et troublant, cette ressemblance avec une morte elle aussi écrivain. Et une question aussi, serions-nous, comme notre nom l'indiquerait, (Brahic) d'origine serbe donc slave ?

Vendredi 13 août

Ecrit en grande partie le 14
Excellente journée malgré la date funeste, quoiqu'elle ne soit pas encore finie. Ca avait pourtant mal commencé, les municipaux me tournaient autour et je redoutais encore le coup de la zone bleue, mais il faut dire que tout de suite après, des gens sont venus au fur et à mesure, peut-être est-ce ce qui me l'a évité ? Nouveauté remarquable : certains sont venus aussi pour moi. 

D'AUTRES HISTOIRES, DE PROCÈS CETTE FOIS

Un peu déprimant aussi, la litanie habituelle, mais aussi stimulant. Un agriculteur qui a eu sa terre, son outil de travail, inondée en raison d'un bétonnage intempestif plus haut, des constructions et des constructions... Comme d'hab quoi, promoteurs locaux en pleines initiatives ! L'eau ne pouvant s'infiltrer, cela a créé une sorte de "torrent" dérivé qui s'est jeté droit chez lui. Il n'en peut plus des procès, un gagné, un perdu, un autre en préparation, des papiers, des avocats, le  harcèlement, et lui aussi avait envisagé une grève de la faim... Sa femme l'en a dissuadé. Le stress d'être à la merci d'une pluie plus forte que d'habitude et de perdre en un instant toutes ses cultures l'a miné, même si son allure semble être celle d'un grand sportif de quarante ans. Lucide, l'esprit clair, positif. On lui a fait quelques promesses, évidemment non tenues, et après un quasi siège, la mairie a ordonné quelques "travaux" minimes et symboliques qui selon lui ne changeront rien. Il n'est pas d'ici à l'origine, un estois lui aussi et bizarrement, il a cru que c'est aussi mon cas! Sans doute que machinalement, "mon" accent revient par mimétisme (!) cet accent qu'on m'a littéralement forcée à prendre à Besançon, tenace et pas très musical. C'est aussi celui de certaines de mes tantes -une seule en fait- qui n'ont pas fait d'études -les quatre autres l'ont perdu comme mon père, sauf lorsqu'il était très en colère, ce qui réjouissait Fred-. Mon accent est formé de trois, celui du midi, celui de l'Est, le plus résistant, et l'accent "Sorbonne" comme disait Lydie. "Arrête de faire cours" coupait-elle lorsque je n'étais pas d'accord avec elle sur un point philosophique. Caméléon, je m'adapte aux endroits et aux gens pour être comprise -à Besançon, "ils" ne me comprenaient pas plus que je ne les comprenais au début.-

"T'paspl'rtr'j ?" Comment deviner que cela voulait dire "tu passes par le traj ?"... surtout en ignorant que le "traj" était un porche-tunnel du seizième faisant raccourci du lycée vers l'arrêt du bus, assez peu engageant pour des gamines, qui ne le prenaient qu'au moins à deux, d'où les questions à la sortie avant de s'engager -ou non-. Aj'd'pum', un jus de pomme etc...

Une femme qui est en fin de droits et n'a plus rien à manger car son compte est bloqué, on lui a même retiré l'APL sous prétexte que son ex mari vivait à côté...  elle était venue de la Grand Combe pour les restaus du coeur mais c'était fermé! elle a pourtant plein de projets, théâtre, atelier d'écriture, musique...  et un ami qui l'aide un peu. Elle aussi est en butte à une administration qui lui écrit benoîtement "Madame, nous vous annonçons que vous n'avez plus droit au RSA" sans aucune explication alors même que son projet théâtral est accepté et sera sans doute un peu subventionné... Ça ne la décourage pas, elle est venue avec un jeune poète musicien et conteur africain qui lui aussi a plein d'idées. Et ô joie, je m'aperçois à la fin qu'elle a lu les "Lettres à Lydie". On se reverra, je peux lui fournir des pistes et vice versa, le chemin par exemple, le cirque naturel... pour une pièce de théâtre, ou chez moi carrément, plus facile d'accès.

Ambiance chaleureuse -pour moi- et stimulante. Jacques lance l'idée d'un journal hebdomadaire où chacun pourra s'exprimer... excellente. Car tout au fur et à mesure se dénoue et s'exprime. Et ces multiples affrontements "individu-administration", si on les met bout à bout et les publie, changeant le rapport de force, sont tout à fait résolvables. Alban venu d'Alès me réitère sa joie de me lire... Trop épuisée pour en dire plus, je tombe littéralement après avoir nourri les chiens et les chats. J'ai refait l'affiche. 

Les forains sont très pugnaces et sympa, ils pigent au quart de tour, ils ont l'habitude me disent-ils, ouf ça change. Des rencontres, et pour la première fois, on me dit d'appeler au cas où... Des gens non plus passifs mais décisifs. Rare. Presque jamais vu. Non qu'ici la population soit si poussive que ça, enfin un peu, mais là il y avait une quasi foule donc sur le nombre, forcément...
EXPLICATIONS

Damien et les jeunes des HLM s'expliquent sur leur défection, c'est simple, en fait.. Un drame perso pour l'un, je n'y avais même pas pensé, et surtout, honte à moi également, ils ont trouvé du boulot !!! Saisonniers agricoles sous le feu  de Satan dans un village pas tout proche, 10 heures par jour logés sur place épuisés à tomber le soir, pour le SMIG. "Il fallait bien, on n'a plus rien à manger présent avec ces factures d'eau". Evidemment : si moi je suis relativement "permanente" c'est aussi parce que je le peux -à la rigueur-. Pas eux. J'apprends aussi que c'est la mairie qui gère ces immeubles...  Pardieu. 

Que les pauvres sont durs les uns envers les autres parfois ! Pire que les bourges, toujours un peu culpabilisés, du moins en France, pas dans le tiers-monde. Il semble que ce soit "à chacun selon sa débrouille"... celle des "hauts placés" -si l'on peut dire- cause ou conséquence ? étant forcément plus rodée car là aussi il y a des "dégourdis" ce qui ne les empêche pas, au contraire, de taper ou d'essayer sur leur confrères en exploitation moins combinards. Lutte de pouvoir là aussi. Avec un aléa ou un avantage, tout dépend du point de vue où on se place, c'est qu'au fond du désespoir, il peut arriver que les verrous sautent. Lorsqu'on n'a plus rien à perdre... C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on leur concède quelques miettes. Attention à ne pas m'inscrire dans ces sables mouvants tout de même, je n'ai que le pouvoir, certes non négligeable, d'être extérieure, pugnace, du logos... et de me battre pour la justice. Don Quichotte d'arrondissement, quoi, dit Régis.
Des gens de Pont-Saint-Esprit me recommandent de me joindre aux comités de cette ville. Je ne suis même pas au courant, ça les choque un peu.. il semble qu'il y ait des histoires semblables. A voir. Je suis comme le poisson rouge dans son bocal. Rageant.

DES GENS SIMPLES

Cas unique aujourd'hui, un couple plus très jeune se tenant par le bras passe, gentils, ils lisent, longuement, la femme explique au mari, c'est sûr, ils ne savent pas ce qu'est une pétition, je renonce à leur en parler, mais je les mets tout de même au courant brièvement de l'affaire, ils n'en reviennent pas, 4000 E, tout de même, en anciens francs ça fait... ils ne voient pas du tout ce qu'on peut faire mais voudraient bien, je leur réponds que moi je vois, ça les rassure.. Et en partant la dame se retourne soudain, prise d'une idée : 
"Mais au fait, vous pourriez pas en parler au maire, il doit pouvoir faire quelque chose lui je pense?" 
Sans doute ai-je dû mal m'exprimer.
Je réponds avec un humour involontaire et sans vraiment mentir, "oui bien sûr" et je renonce, je ne veux pas leur gâcher cette journée de fête sans doute unique pour eux. Ainsi donc les gens du peuple autrefois taclaient les releveurs d'impôts et jamais ceux qui les ordonnaient. 
Mais un monsieur juste à côté, la large cinquantaine, beau mec encore, entrepreneur à la retraite, qui attend sa femme -elle fait les boutiques- au fort accent pied noir "bourge" observe alors, dans une veine très "Eddi" : "ici, comprenez-vous, ce sont des paysans..." il a prononcé le mot "paysan" avec le ton extraordinaire de Laurence ou de Mamita parlant des kurdes ou mon voisin des "caraques", comme un gros mot.. mais cela  mis à part, il est parfaitement en phase et c'est lui qui me demande la pétition. Je n'ai pas eu le temps de savoir d'où ils étaient, sa femme l'a appelé, elle était prête, il ne fallait pas la faire attendre, ils étaient invités. Un bon mari, Akram, ou n'importe lequel de mes beaux frères.

De l'imprévu aussi : beaucoup de gens me connaissent, certains m'ont lue ou le disent pour me faire plaisir. "Secret de famille", évidemment, et les "Lettres à Lydie". "Noces kurdes", jamais, du moins ici. Ça simplifie. Avantage de l'écriture. En ces cas, ils m'appellent "Hélène". J'exulte, écrire, au fond, c'est se faire des copains. Mais il y a les commissions, la corvée, des tonnes de croquettes pour mes deux lascars et des boîtes pour les chats qui n'ont plus rien etc... Le poids! 4/5 pour les bêtes, 1/5 pour moi. Parfois les gens qui me voient charger rient.

Samedi 14 Août

Je viens de toiletter le post d'hier, reécrit correctement... et avant de fermer l'ordi, je vérifie par acquis de conscience mes messages. O stupeur, il y a un courriel en anglais de (touit touit) qui remercie tous ceux "en qui elle a cru" et qui l'ont soutenue, inlassablement, en harcelant les gens au pouvoir, avec finesse ou ... bref.  Je n'ai pas fait grand chose du reste, un livre seulement mais il a été traduit. Est-elle sauvée, libérée ? Elle parle a minima sans doute exprès mais il le semble !! -note, la télé n'en dit rien, même pas "aldjzeer". Elle doit être en "conditionnelle", ce qui n'est pas gagné du tout et même dangereux, car dans une rue déserte, elle peut... passons.... Ouf, enfin un ouf provisoire. Pardon d'être sibylline, regardez le "sommaire" à mon nom et suivez les tous et vous comprendrez. Je veux éviter que ce blog-ci ne soit également dans le collimateur de "leur" moteur de recherche, très au point ou du moins éviter de "leur" faciliter la tâche car il est probable -mais non certain- qu'il y soit déjà rien que par mon nom. Sauf que ma production littéraire étant assez vaste, tout traduire est un très gros boulot et "ils" doivent s'y perdre -c'est aussi le but- !!! et St-Ambroix leur paraissant aussi loin de leurs préoccupations qu'ici, pour certains, des leurs... il est inutile avec un mot-clef, un nom, de leur pointer juste ce qu'ils cherchent. "Ils" étant des mecs peu recommandables qui ont de bien vilaines habitudes avec les femmes dans leur pays situé pas trop loin de la Turquie... Sauf aussi qu' "ils" se marrent peut-être de mes déboires burlesques ici, pendant que je plante devant la Mairie, je ne peux pas m'occuper d'autre chose, écrire sur leurs vilaines habitudes par exemple, un texte aussi sanglant qu'eux-mêmes... qui, associé à tant d'autres, les dérangent sans doute un peu, quoiqu'ils en disent. C'est bien ce qui est zutant, on n'a pas quatre bras ni quatre cerveaux.
Donc K. me remercie, c'est le premier courriel direct que j'ai d'elle. Joie, non qu'elle me remercie mais qu'elle existe, tout simplement, elle m'aurait écrit merde c'aurait été pareil. Il y a des jours où on se sent moins nul.   

14 août 2010
DÉRANGEMENT 

Je passe en vitesse au petit supermarché-drugstore chercher un chevalet pour mon affiche – elle tombe tout le temps-... que je ne trouve pas. Qu'importe, j'en bricole un avec un ''valet de chambre'' abîmé qu'on me solde. Ça va au poil, mieux même qu'avec un chevalet. Des femmes me parlent spontanément, j'avais oublié que j'avais mon ''péplum'' où j'ai écrit mes mésaventures très clairement tant j'en ai l'habitude à présent. Des gens me demandent de m'arrêter pour finir de lire. J'explique, il me semble que la patronne fait la gueule -pas sûr-. Et puis, business-business, je suis une bonne cliente. -Elle vend des toiles-. 

Mais d'autres -non, une autre en fait seulement- semble m'ignorer, malchance, on se croise plusieurs fois dans les allées et à un moment je me trouve nez à nez avec sa fille, je lui dis bonjour, la petite répond en même temps et je file, je suis pressée et je sens son malaise... Cela corrobore, presque tous les gens de mon quartier sauf Cris et deux autres se sont, ô discrètement, ''distanciés'' de moi, allant ainsi à contre courant de l'ensemble. Cela signifie, soit que le quartier est particulier, soit ? Particulier, il l'est en effet, la même avait autrefois fait passer une pétition protestant contre le projet de lotissement d'un gros propriétaire, le coup classique, il lui avait vendu une maison bien située mais au milieu de ses vignes puis décidé de lotir la parcelle la jouxtant qu'elle avait dû acheter [au prix du terrain à bâtir]... et à présent, cinq autres à la place des vignes, et là elle ne pouvait suivre, une vacherie certes mais ce n'est pas illégal, c'est juste les affaires. 

Je l'avais évidemment signée.. puis l'avais un peu regretté en raison de la manière dont elle était rédigée. En substance elle disait que ''nous'' étions un endroit privilégié et culturel [deux filatures, etc..] et tenions à le rester''. Autrement dit ''out les prolos''. Je le lui avais fait remarquer après coup ["je trouve que le quartier manque d'enfants et un peu de vie et au fond avoir des voisins sympa ne me dérangerait pas, c'est plutôt l'inondabilité qui me dérange"]... elle m'avait répondu agacée quelque chose comme ''si je me sentais seule, je n'avais qu'à faire un site de rencontre'', ce n'est pas la lettre mais bien l'esprit. 
Sympa pourtant, très nature, écolo et ouverte, c'est une de ceux qui sont allés le plus souvent au chemin défriché et elle a sans doute participé largement à son entretien après -elle ou plutôt ses enfants, super, signe en général que les parents le sont aussi-, mais, désireuse sans doute de rester bien avec tous, elle prend ses distances envers celle qui a lancé l'"opération" qui n'avait pas plu à tout le monde -à dire vrai, à tous sauf à un seul, tendance fortement "anti-défricheur" disons, passionné/e de "sa" "tranquillité", il y en a des comme ça même isolés en bout d'impasse en rase campagne, prêts à bondir sur tout intrus apparaissant à l'horizon (lien). Ça s'appelle le "tranquillisme" ou l'"antiploucquisme" et ça se soigne très bien avec du "socialitisme" en gélules matin et soir (lien).
Très sportive, très ''randonnée'', je l'y ai pourtant vue assez souvent avec des amis ou des clients -de chambres d'hôtes- qu'elle avait amenés, c'est le seul chemin qui demeure encore dans le quartier. Cordiale dans la campagne, filante en public, soit, banal. Mon péplum y est peut-être pour quelque chose. Les relations sont compliquées, celle qui sent le soufre maintenant mais qui toutefois s'est coltinée des ou plutôt "notre" anti défricheur local avec lesquels il faut aussi être bien etc... Mais je suis auteur et bref tout ceci est délicat d'autant que ce projet de lotissement qui la désole -et non moi car le quartier manque d'enfants, nous ne sommes pas très reproductifs, je bats tous les records de poulinière avec deux- bref ce projet est tout de même laissé -dans quelle mesure- à la discrétion de la Mairie.. qui m'a pompé 4000 E après que j'eusse gagné etc etc..
A moins que je ne devienne parano. Elle a peut-être tout simplement comme moi une rage de dent qui l'empêche de sourire. Et puis-je lui en demander plus qu'à mon ex meilleure amie en poste ? A une parente ? Non.

La fête... Mon immense plaisir d'enfant attendu quasiment toute l'année, à présent c'est plutôt l'inverse. Le bruit, les manèges... Il me semble pourtant que c'est bien plus calme. St-Ambroix est en berne, décidément. 
Élément un peu ''narcissisant'' et j'en ai besoin en ce moment, de plus en plus de gens me regardent amicalement, non pour l'affiche puisque j'en suis loin, Samir ayant mis des tables de restaurant à ma querencia habituelle, ils semblent me reconnaitre, je le vois ou le devine très clairement, ils portent les yeux sur moi, puis une fraction de seconde et leur visage s'éclaire, ils sourient, insistent, du coup je les salue légèrement, ils hésitent et partent comme à regret. Timidité, la leur et la mienne également. De la galerie? de signatures ou conférences et cependant j'en ai fait très peu ici ? Ou peut-être de ce film où on m'a ''intégrée'' malgré moi ou plus exactement sans me le dire car j'aurais été d'accord qui me pend au nez à tout instant?

Comme je n'ai quasiment pas la télé à présent, si ça se trouve, une chaîne câblée [ciné classique a fait le coup l'an dernier] l'a repassé sans que je ne le sache un jour sans doute qu'ils étaient en panne ; c'est Stéph qui me l'avait dit le lendemain. J'avais démenti: non, impossible puisque je n'étais pas au courant, voyons ! mais d'autres avaient confirmé. Il faut dire qu'avant toute interview, on vous fait signer sur le plateau, à la hâte, en général pendant que le maquilleur-coiffeur vous bichonne sous les feux des sunlights, du coup, vous devenez tout rouge et ensuite il faut vous poudrer tout le temps, des tas de papiers que personne ne lit. On ''abandonne'' son droit à l'image et ''autorise'' toute ''exploitation'' artistique de ce qui va être recueilli à des fins non commerciales bla bla... -On ne peut pas vous ''utiliser'' pour faire la promo de pâtes ou de sous-vêtements, mais pour n'importe quoi d'autre non publicitaire, si...-

La pétition se remplit à la vitesse V, je n'ai même plus assez de feuilles, les gens sont obligés de signer au delà des lignes. Les municipaux sont passés en rang serrés et ont viré vers le foirail, je redoutais encore le coup de la zone bleue, apparemment c'est fini. Ou alors ça ne vaut pas pour le soir. Je craignais aussi les gens mornes derrière leur barbe à papa, épuisés de chaleur traînant tristement devant les baraques avec des enfants aussi fatigués qu'eux, ce n'est pas le cas. Il faut dire qu'il fait moins chaud aujourd'hui, on a même l'impression qu'il va pleuvoir. Ce serait bien pour le plaqueminier que Robin m'a offert afin de remplacer l'autre mort d'avoir été inondé, les ouvriers -de l'ancienne équipe municipale- avaient à demi bouché une buse en bas de chez moi pour éviter que l'eau ne se déverse chez un gros agriculteur en contre-bas... [le lit du ruisseau qui traverse mon jardin et qui longe ensuite la route ayant été déplacé] si bien que cette partie de mon terrain était devenu un lac. Tôt ou tard, le mur aurait cédé. Tu t'endors, tu es mort, toujours. Étrangement, les oliviers centenaires eux, ont résisté. Le plaqueminier, c'était Lydie, les oliviers, Marguerite.

IMPOLITESSE

Toujours le vieux monsieur poli aimable réservé qui vient cette fois avec le sourire me ''voir'' comme on va voir un monument historique. Hier, il était revenu gentiment après réflexion me dire ''vous savez, ce n'est pas grave et toute seule vous n'arriverez à rien... et puis on est tous un peu dans ce cas, moi aussi, par exemple, je suis endetté..'' Je l'avais rembarré sec : ''ce n'est pas la question, c'est une question de justice et on est nombreux à être ou à se croire ''seuls'' face à une administration... En m'exposant, je montre qu'on ne l'est pas, justement.'' Voilà quelqu'un de sincère certes mais qui lui aussi pense que je mendie en somme son approbation perso. La passivité incarnée, et cependant celui-ci semble un bourgeois. 
Une observation : dans ces cas, l'agressivité ''soft'' remet les pendules à l'heure. Discuter, tenter de convaincre en ravalant l'énervement que ceux-là suscitent, c'est les conforter dans l'idée que l'on s'abaisse, que l'on ''mendie'' et du coup le faire, une perte de dignité et de temps. En revanche, si on leur signifie en d'autres termes, ''c'est comme ça, je sais ce que je fais, c'est bon, salut etc...'' ça les rassure, l'agressivité est le signe qu'on n'a rien à leur vendre, qu'on ne leur demande rien, même pas de prise de position. Ça les met à l'aise, les marques sont posées. Ces gens agissant ainsi envers eux-mêmes, leur demander d'agir autrement envers d'autres [voire envers eux-mêmes car c'est pareil] constitue une quasi violence à laquelle ils réagissent mal, c'est comme si on leur imposait un marathon. L'agressivité leur offre un siège, c'est plus confortable, et du coup, il arrive qu'ils prennent eux-mêmes le départ.
CQFD. Apparemment il a réfléchi, peut-être est-il seulement lent, et à présent il veut signer. Je ne le lui ai jamais demandé. Soit.

LA JUSTICE

Un couple dont la femme est greffière de justice. Ils ont du mal à comprendre. Sans doute m'exprimai-je mal. Elle travaille dans une ''maison de justice'', je ne sais pas ce que c'est, avec la gauche dit-elle, tiens tiens, ça, c'est intéressant.. Elle rit : ''Et ils sont aussi pourris que la droite'', chez elle du moins. Elle me recommande -bien sûr- un procès. Triple zut, j'ai encore du mal avec ça. Robin le fait au chiqué, grande habitude familiale, pas moi, papiers, lettres recommandées, avocats... fatiguée, je bloque. Et puis quand je m'y mets, je ne peux plus m'arrêter ! Internet, articles, tout y passe. Et le fait est que c'est passionnant. 
Le problème est cette idée chevillée au corps qu'il faut savoir se débrouiller seul, qu'en référer à une autorité suprême, c'est s'abaisser, voire cafter, accepter d'être infantilisée. Attitude des truands et de certains militants. 

A ce sujet, attention à certains ''forums juridiques'' qui ne sont que les rabatteurs d'avocats ou de ''juristes'' escrocs et on ne les détecte pas tout de suite. Leur principe étant de donner des infos parfois justes mais d'autre fois inexactes et toujours ad pejorem afin que le chaland affolé se précipite dans les griffes de ceux pour lesquels ils chassent, c'est à dire probablement eux-mêmes. Une fois, j'ai cru à une erreur, j'ai rectifié. Deux fois, décidément, ils n'étaient pas en ''forme'', j'ai à nouveau corrigé mais à la troisième, je me suis faite ''rappeler'' à l'ordre et interdire de forum ! C'est alors que j'ai cherché un peu plus avant sur le site, ô stupeur, de la pub, bien évidente pourtant, pour tel ou tel cabinet d' ''avocats en ligne'' (!) défilant en bandeau dès l'ouverture de la page d'accueil. Un petit coup de google sur ces ''cabinets'', tous étaient dénoncés comme escrocs. CQFD. J'ai alors moi même dénoncé le site "rabatteur" pour lequel j'avais naïvement milité avant. Internet, un bon flic, ici pour le meilleur. Il est épinglé à présent, malgré des compères qui ont envahi en masse d'autres sites pour en dire le plus grand bien, de bonne guerre. C'est le site qui arrive en premier, je ne puis en dire plus.

D'autres en revanche, et même celui-ci parfois pour ferrer le chaland donnent ponctuellement d'excellentes infos. Il faut seulement trier, vérifier, re vérifier, au fond, c'est passionnant mais cela donne une image terrible de la société. Je me souviens notamment de ces jeunes (30 ans) condamnés à verser une ''pension'' à une belle-mère veuve -la femme de leur père décédé- plus jeune qu'eux! toute sa vie... qui avait également l'usufruit de la maison familiale; ruinés, définitivement spoliés par l'impensable folie d'un homme âgé manipulé, leur père... C'est la loi.

 VÉNALITÉ 

Une discussion un peu ''perso'' avec un couple venu s'asseoir pendant que j'écrivais, dont la femme s'imposa, elle voulait parler. Intarissable bien qu'intéressante... sauf que son histoire n'avait qu'un rapport très lointain. La justice aurait été de connivence avec son contradicteur en raison de sa position "politique", celui-ci n'étant pourtant que simple employé de mairie ; ce n'est pas du tout ce qui m'est apparu perso mais le temps a passé... Impossible de l'arrêter. Sagace cependant et sans illusion. Ce qu'elle vivait était certes un drame dont elle soulignait la dimension incommensurable par rapport à ''mon'' affaire, grave mais ''pour moi'' seulement selon elle. J'ai rectifié, ''pour tous'', elle en a convenu. Elle est finalement partie en me disant en riant que si la télé venait, elle aimerait bien être prévenue pour qu'on la voie aussi en arrière plan. Elle veut qu'on lui rende justice dit-elle, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent. Une triste affaire familiale. Lorsque des gens se livrent ainsi -ce qui est bien aussi, ne serait-ce que pour eux- les autres ne peuvent -ou n'essaient même pas- vous approcher. Ils font barrage. Mais parfois il arrive que l'on se fasse un peu manipuler. 

Note après coup. C'est ici le cas. Cette femme, je m'en suis souvenue longtemps après, n'était pas elle même blanc-blanc, quoique cela ne signifiât pas qu'elle fût en tort pour son affaire. Fait unique, pour mon livre sur le Puits de Célas -un puits de mine où en 44, 32 personnes au moins, la plupart des résistants morts sous la torture, furent précipités- elle m'avait proposé un témoignage inédit, celui de son père qui, assurait-elle, en savait long.. Payant ! Ça ne m'était encore jamais arrivé et ne se réitéra pas. Évidemment j'ai refusé -les gens qui cherchent à monnayer des infos ont forcément tendance à amplifier pour mériter leurs honoraires ou allécher le journaliste, elle avait insisté, "je vous assure, c'est de l'inédit et du croustillant" et je l'avais black listée. Je m'en suis souvenue après coup. Elle me mettait mal à l'aise mais je ne voyais pas pourquoi, un sentiment assez vague. Du coup, toute son affaire familiale est à revoir à la baisse.

 Mais un homme cependant a passé carrément la barrière de la dame, un homme d'action! Un monsieur très particulier, venu sans doute exprès en vitesse, il a à faire ; trois minutes de discussion, c'est tout, et c'était fondamental, décidément, ça se dénoue. ''Je connais votre affaire... et ça commence à bien se savoir à présent... pour tout dire, on en parle beaucoup...'' Ouf. Je ne sais pas qui il est, tant mieux. Il me fait une proposition intéressante, c'est la première fois et c'est la seule à faire d'emblée en effet. Ça m'a requinquée, après la dame et son drame. Maïa passe à la fin, tout va bien.

15 août

Le jour J. de Saint-Ambroix... le seul où on sait pouvoir aller manger, acheter des clops, prendre un café même à 15 heures ou 1 heure, où on se sent un peu comme à Pigalle, les sex shops en moins. D'ici -1 km- j'entends le bruit, la musique foraine, moins forte qu'autrefois pourtant, comme on dit "ça baisse", même le 15 août folklo avec ses chars, ses manèges, ses gus bourrés... n'est plus ce qu'il était. 

Curieux spleen ce matin. Le syndrome de la "solitude du coureur de fond" en somme, ce syndrome qui est réellement "reconnu" à présent depuis "Secret de famille" (!) j'aurais dû demander des royalties, il paraît que ça se fait aux US de prendre un brevet sur un concept... Et ça m'arrangerait bien en ce moment! Fichu "syndrome" qui parfois fait que, devant la ligne d'arrivée, conscient soudain de l'inanité d'un combat, on refuse de la franchir, la bagarre qui va cesser et qui a absorbé toute l'énergie durant des mois a fini par devenir une seconde nature, une compagne agréable, l'érotisation d'un combat est nécessaire pour pouvoir le mener à bout et lorsqu'il va enfin cesser, le vide béant qui menace angoisse.. Chance, chez moi, il se transforme, se déplace. Allez, go !

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